Le GAP : analyser sa pratique en ligne, entre pairs

Il y a des situations qui ne se referment pas à la fin du service. Un adolescent qui met l’équipe en échec, une décision qu’on continue de retourner le soir, un désaccord entre collègues qu’on n’a pas su poser. Les groupes d’analyse de la pratique existent précisément pour ça — encore faut-il qu’une séance tombe au bon moment. C’est le pari du GAP, l’espace d’analyse de la pratique en ligne ouvert aux membres des Extras : un lieu permanent, où l’on dépose la situation quand elle pèse, pas trois semaines plus tard.

🗣️ Déposer sans se surveiller

Le principe tient en une phrase : vous déposez la situation qui tourne en boucle, des professionnels qui l’ont vécue vous répondent. Trois règles encadrent l’échange, et elles ne sont pas décoratives.

  • L’anonymat est la règle par défaut. On dépose sous son métier — « un·e éducateur spécialisé » — jamais sous son nom, et les prénoms cités sont masqués automatiquement.
  • L’espace est fermé. Rien n’est public, rien n’est indexé par les moteurs de recherche, l’entrée suppose un compte. C’est cette fermeture qui permet de raconter un échec sans calculer.
  • On ne juge pas la pratique d’un collègue. On raconte ce qu’on a vécu, ce qu’on a tenté, ce que ça a donné — les tentatives ratées comprises, souvent les plus instructives.

🎯 Une analyse de la pratique en ligne filtrée par métier

Un EHPAD et un ITEP ne cherchent pas les mêmes réponses. Le fil est donc filtré par métier et par public accompagné : chacun ne voit que ce qui le concerne réellement, ce qui évite la dispersion des forums généralistes. Répondre est valorisé — un retour rapporte des points, davantage encore lorsqu’il est retenu comme utile par celui qui a déposé. L’idée n’est pas de gamifier l’analyse de la pratique, mais de reconnaître le temps que prend une réponse construite.

🧠 Un animateur qui questionne avant de répondre

Le groupe dispose aussi d’un animateur, LEX le GAPiste, dans une posture inspirée du psychologue clinicien. Sa particularité : il ne répond pas tout de suite. Il commence par interroger le contexte, les faits, les ressentis, les enjeux et ce qui a déjà été tenté. Ce n’est qu’ensuite qu’il prend position — son analyse, la posture à tenir avec les mots pour la dire, deux ou trois pistes d’activité, et ce qu’il ferait dès le lundi suivant. Il n’intervient que si on le sollicite, l’échange reste privé, et son avis se valide en réunion d’équipe : ce n’est jamais un diagnostic. Une logique complémentaire de ce que nous écrivions sur la gestion des conflits en collectif — poser les faits avant d’interpréter.

Penser à plusieurs, c’est ça qui débloque

Le GAP ne remplace pas les temps d’analyse animés en présentiel dans les établissements, et il n’en a pas l’ambition. Il comble l’intervalle : les semaines où la séance n’a pas lieu, les situations qui ne peuvent pas attendre, les professionnels indépendants qui n’ont accès à aucun collectif. L’accès se fait depuis un compte gratuit sur Les Extras.

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